Erich MÜHSAM : La République des conseils de Bavière
Suite à la lecture de « La
Commune Hongroise et les anarchistes », j’ai eu envie de lire ce livre que j’ai acquis il y a plusieurs années, sans avoir jamais pris le temps de l’ouvrir…
L’auteur, militant anarchiste et intellectuel allemand, nous décrit les événements qui menèrent à partir de novembre 1918 à la création de l’éphémère
République des Conseils de Bavière (6 avril-1 mai 1919). En effet depuis novembre 1918 l’Allemagne, et dans le cas qui nous intéresse la Bavière, se couvre de conseils ouvriers et de conseils de
soldats. Dès la proclamation de la république de Bavière le 7 novembre, un Conseil provisoire des ouvriers, des soldats et des paysans est constitué. Nous sommes donc en présence d’un double
pouvoir, qui perdurera jusqu’à la proclamation de la république des conseils dans la nuit du 6 au 7 avril 1919. Erich Müsham relate dans le détail la lutte entre ces deux pouvoirs et son combat
au sein du conseil ouvrier révolutionnaire pour arriver à la proclamation de la République des Conseils. Il est question également de la lutte entre les différents courants politiques au sein du
Conseil provisoire. Et ce jusqu’au 13 avril, date à laquelle il sera arrêté par les troupes gouvernementales lors d’une tentative de putsch des sociaux-démocrates. Il ne connaîtra pas la fin de
l’expérience révolutionnaire, ce qui lui sauvera sans doute la vie…
Cet ouvrage a été écrit en 1920 dans la prison où Mühsam purgeait une peine de 15 ans suite à la répression sanglante du mouvement conseilliste par les sociaux-démocrates allemand. Il a été rédigé d’après les seuls souvenirs de l’auteur, c’est pourquoi il se contente de relater que ce qu’il a lui-même vécu. Anecdote amusante, le livre est adressé au camarade Lénine qui représentait à l’époque le seul espoir de révolution prolétarienne aux yeux de l’auteur. L’écrasement de Kronstadt et de la Makhnovtchina saperont ses espoirs. Müsham à pourtant toute sa vie tenté d’unifier les courants anarchistes et marxistes en vue de réaliser la révolution et de lutter contre la bourgeoisie et les nazis.
Cet ouvrage a été écrit en 1920 dans la prison où Mühsam purgeait une peine de 15 ans suite à la répression sanglante du mouvement conseilliste par les sociaux-démocrates allemand. Il a été rédigé d’après les seuls souvenirs de l’auteur, c’est pourquoi il se contente de relater que ce qu’il a lui-même vécu. Anecdote amusante, le livre est adressé au camarade Lénine qui représentait à l’époque le seul espoir de révolution prolétarienne aux yeux de l’auteur. L’écrasement de Kronstadt et de la Makhnovtchina saperont ses espoirs. Müsham à pourtant toute sa vie tenté d’unifier les courants anarchistes et marxistes en vue de réaliser la révolution et de lutter contre la bourgeoisie et les nazis.
Il sera arrêté par les nazis en 1933 et trouvera la mort dans un camp de concentration. Sa femme, réfugiée en Tchécoslovaquie puis invitée URSS sera
condamnée par le régime stalinien à huit ans de goulag, en fera 15, sera libérée malade et finira sa vie à Berlin-Est en 1962.
Ce livre est avant tout un important témoignage sur cette période pleine d’espoir pour le prolétariat révolutionnaire. Par les critiques formulées, y compris sur son
rôle pendant cette période, Erich Müsham donne des pistes pour comprendre ce qui se passe pendant ces périodes de double pouvoir qui précédent les révolutions. Sa théorie et son action pour
l’unification du prolétariat révolutionnaire sont sans doute aussi à retenir.
MÜHSAM, Erich. La République des conseils de Bavière : Munich du 7 novembre 1918 au 13 avril 1919 ; suivi de La société libérée de l’Etat : qu’est-ce
que l’anarchisme communisme, Amis de Spartacus ; Ed. de la Digitale, 1999.
par ascona
publié dans :
conseils ouvriers
Achille Dauphin-Meunier, La Commune
Hongroise et les anarchistes, Librairie Internationale, 1926.Ce petit livre de 87 pages relate l’histoire méconnue de la république des conseils hongroise (21 mars 1919-7 août 1919) sous l’angle du rôle que les anarchistes y jouèrent.
La fin de la première mondiale entraîne la décomposition de l’empire austro-hongrois et la ruine de la Hongrie, accentuée par le blocus des forces de l’Entente. Karolyi et son gouvernement nationaliste et démocrate tentent de liquider le féodalisme, d'instaurer un régime démocratique bourgeois, de mener une réforme agraire et de s'attirer la sympathie des puissances occidentales. Il échouera sur tous les tableaux.
Dès janvier 1919 les ouvriers commencent à instaurer des conseils d’usines et chassent les patrons. Les paysans font de même dans les campagnes avec les propriétaires terriens. Les anarchistes avaient tous adhéré au parti communiste hongrois en décembre 1918. Celui-ci se démarqua de Lénine, peut-être à cause de l’influence libertaire, notamment sur la question agraire. Lénine réclamait en effet l’instauration d’une petite propriété paysanne, préconisait le capitalisme d’état, la suprématie de la politique sur l’économique. Les communistes magyars exigeaient la communalisation des biens de consommation et de production, la suppression des rouages politiques et la formation de conseils ouvriers et paysans.
Le 21 mars, l’assemblée nationale républicaine tint sa dernière séance : le président Hock, prononça l’oraison funèbre du régime : « Un nouveau système social étant introduit en Hongrie, dit-il, l’assemblée n’a plus aucune raison de poursuivre ses travaux. Sa continuation ne répond plus aux exigences du régime actuel. Notre organisation politique a complètement fait faillite. Laissons le champ libre à l’activité du prolétariat. » Rare exemple de lucidité politique !
Cette brochure évoque clairement les problèmes concrets, urgents et parfois dramatiques, auxquels tout mouvement révolutionnaire se trouve confronté une fois le pouvoir capitaliste et étatique mis à bas : assurer la satisfaction des besoins basiques de la population, réorganiser l’économie sur des bases socialistes, inventer et construire un pouvoir populaire et démocratique, transformer les rapports sociaux et les mentalités, défendre la révolution par les armes…L’auteur, un économiste sans doute proche des anarchistes, décrit l’organisation nouvelle dans les grands secteurs de l’économie.
La république des conseils sera renversée le 6 août par une coalition militaire franco-roumaine qui laissera la place à une répression féroce et permettra l’installation du régime fasciste de Horty.
par ascona
publié dans :
conseils ouvriers



